Le Blog Atmosphérique

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Picasso céramiste et la Méditerranée

Le 22 avril 2014, catégorie : Les expositions.

Vase aux danseuses ou bacchanale

Vase aux danseuses ou bacchanale, Pablo Picasso, 24 juillet 1950. Grand vase à col évasé, terre cuite rouge, gravée et peinte à l’engobe ocre. Pièce unique. Collection particulière. (c) Succession Picasso 2013 ; crédit photo : Maurice Aeschimann.

En 1946, Picasso est avec Françoise à Vallauris. Le couple parcourt les allées de la foire potière, une tradition de la cité des Alpes Maritimes. Picasso s’attarde sur le stand de Georges et Suzanne Ramié et s’amuse à réaliser quelques figures en terre. L’année suivante, Picasso s’est installé à Golfe-Juan et il revient visiter la foire de Vallauris. Les Ramié lui montrent les figurines qu’ils avaient fait cuire. Ainsi commence l’aventure de Picasso avec la céramique…
Picasso est né en Andalousie, il connaît la céramique depuis sa tendre enfance car jusqu’aux années cinquante, les familles en Espagne cuisinaient dans des récipients de céramique populaire, marmites, « pignates », poêlons… L’Espagne possède plusieurs grands centres dont l’Andalousie et la Catalogne, région adoptive de l’artiste.
En 1948, Picasso loue la villa la Galloise et installe son atelier au Fournas où il mène son travail de peintre, de sculpteur et de céramiste, de front. Il revisite sans complexes la civilisation antique méditerranéenne. Il redécouvre la céramique traditionnelle et la détourne de ses fonctions premières. C’est ainsi que les « pignates » sont décorées avec des « figures noires », comme les vases antiques, les poêlons deviennent des masques et les gourdes en terre cuite, des insectes bleus. Il détourne les briques et les moellons brisés en sculptures-céramiques, impose les portraits de Françoise ou de Jacqueline sur les descentes de gouttières.

Retour sur la collection Nahmad

Le 18 avril 2014, catégorie : Les collections.

La collection NhamadLes quelque 300 Picasso présents dans la collection Nahmad couvrent une période allant de 1901 à 1972. On y trouve, par exemple, ce Nu couché à la mèche blonde (1932) ou cette Famille (1956). Jean-Louis Andral, directeur du musée Picasso à Antibes et commissaire de l’exposition organisée au Grimaldi Forum à l’été 2013 revient sur ce qui fonde l’originalité de cet ensemble. « C’est une collection assez particulière, au sens d’un goût particulier, qui a été constituée avec des regards qui sont ceux de ces deux frères Ezra et David et aujourd’hui du fils ». Or, ces regards privilégient certaines époques, structurant la collection en grands ensembles, fait assez rare pour une collection privée. Beaucoup de natures mortes, des femmes assises dans un fauteuil (Dora Maar, Françoise Gilot, Marie-Thérèse Walter, Jacqueline Roque) mais aussi, souligne le conservateur, « un ensemble très impressionnant des derniers Picasso ». De très grands formats réalisés entre 70 et 73, année de la mort de l’artiste. « Il faut remarquer l’audace, pour les frères Nahmad, d’avoir acheté ces œuvres eu moment même où elles étaient peintes » salue Jean-Louis Andral. Voir la vidéo 

Picasso et le Nu: à voir d’urgence chez Sothebys

Le 28 mars 2014, catégorie : Les expositions.

Picasso et le Nu :Dessins et céramiques provenant de la Collection de Marina Picasso , jusqu'au 1e avril chez Sothebys Paris

Picasso et le Nu :Dessins et céramiques provenant de la Collection de Marina Picasso ,
jusqu’au 1e avril chez Sothebys Paris

Il faut vite aller voir cette exposition rassemblant plus d’une cinquantaine d’œuvres sur papier et quelques céramiques qui évoquent toutes les périodes de l’artiste. Depuis Barcelone , avec un très rare autoportrait de 1902-03, en nu debout aux allures de christ bénissant jusqu’aux déclinaisons sans cesse répétées de l’atelier avec artiste et modèle, en passant par la période  » Retour à l’ordre  » des dessins classiques ( cf. illustration : Nu debout , 1920).

Ces dessins issus de la succession du peintre sont des œuvres peu exposées jusqu’à présent qui nous montrent le dialogue continu de Picasso avec la figure humaine et son inlassable remise en question de sa représentation .

La vente de la peau de L’ours le 2 mars 1904

Le 13 mars 2014, catégorie : Les oeuvres.

Les bateleurs ( Famille de saltimbanques) , National Gallery Washington

Les bateleurs ( Famille de saltimbanques) , National Gallery Washington

André Level (1863-1946), collectionneur, homme d’affaires et financier, mais surtout amateur éclairé, ne s’imaginait pas qu’en fondant l’Association de La Peau de l’Ours en 1904 avec quelques amis, il serait à l’origine, dix ans plus tard, d’une opération spéculative sans précédent qui allait placer l’art moderne sur le devant de la scène artistique et offrir à Picasso son premier grand succès public.

Guillaume Apollinaire dans Mercure de France déclare : « Lundi 2 mars 1914…eut lieu la vente aux enchères publique d’une collection qui restera célèbre. Celle de La Peau de l’Ours…C’était la première fois que les œuvres des peintres nouveaux, fauves ou cubistes, affrontaient la vente aux enchères » . Le critique André Warnod dans Comœdia poursuit : « c’était la première fois que l’on voyait en vente publique un ensemble aussi complet d’œuvres modernes, des œuvres tout à fait d’avant-garde et dont les auteurs font ou faisaient partie de ces ‘fous’ dont les foules vont rire au Salon des Indépendants » , alors qu’André Salmon retranscrit l’évènement avec la même effervescence : « Le lundi 2 mars 1914, à deux heures. Date mémorable…Cette vente aura été quelque chose comme une première d’un Hernani de la peinture » , véritable combat pour imposer l’art jeune et résolument novateur.
La vente est un véritable triomphe ! Toutes les œuvres sont vendues pour un total inespéré de 106 250 francs, payable en francs-or (il faut multiplier les valeurs par 200 pour atteindre le prix actualisé en francs). Picasso qui offre avec sa grande composition « Les Bateleurs » le clou de la vente , remportée pour 11500 francs par le marchand allemand Thannhauser. La toile monumentale, représentant une famille de saltimbanques, représentatifs de sa période rose, faisait l’objet de rumeurs depuis plusieurs semaines ; allait-elle être acquise par l’état ou par d’importants collectionneurs américains ou russes comme Picasso l’avait fait entendre dès 1908. Kahnweiler avait, en effet, envoyé une lettre quasi identique, le 20 février, aux deux grands collectionneurs russes Chtchoukine et Morozoff dans laquelle il proposait de leur envoyer le catalogue de vente et même d’enchérir en leur nom sans frais de commission en leur signalant Les Bateleurs comme l’œuvre phare de la vente.