Le Blog Atmosphérique

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Journées européennes du patrimoine au musée Picasso Paris !

Le 19 septembre 2014, catégorie : Le musée Picasso de Paris.

L'Hôtel Salé

L’Hôtel Salé

Commandé par Pierre Aubert à l’architecte Jean Boullier, l’hôtel Aubert de Fontenay a été construit entre 1656 et 1660. C’est la charge de fermier des gabelles de Pierre Aubert qui lui vaut encore son surnom d’hôtel de Salé. Fortement influencé par Mansart et Le Vau, présentant une étonnante adaptation du style italianisant de l’époque mazarine, ce laboratoire architectural fait écho aux lieux atypiques dans lesquels Pablo Picasso a installé ses ateliers successifs.
Entre 1979 et 1985, l’hôtel Salé est rénové et le projet d’aménagement intérieur du musée Picasso confié à l’architecte Roland Simounet. Celui s’attache à respecter le bâtiment et les décors d’origine tout en y intégrant les fonctionnalités et les espaces d’exposition du musée. Il crée des salles d’exposition au moyen de grandes boîtes blanches qui s’inscrivent dans la logique du bâtiment en revendiquant l’héritage de Le Corbusier et travaille les différents niveaux de lecture de l’architecture. Roland Simounet crée ainsi une « promenade architecturale » qui marque pour longtemps la conception muséographique.

Fermé en 2009 pour rénovation, le musée Picasso Paris métamorphose ses espaces sous la conduite de l’architecte Jean-François Bodin qui assure la mise aux normes et la modernisation technique du musée. Le geste architectural reste discret, respectueux de l’architecture ancienne comme de l’œuvre de Roland Simounet. Jean-François Bodin crée de vastes espaces d’accueil pour le public, transforme les deux derniers étages en salles d’exposition et l’aile technique en espaces pédagogiques. Son intervention permet de maintenir ensemble les propositions successives en les reliant aux exigences contemporaines d’un grand musée national.

L’hôtel de Salé étant partiellement classé, le grand escalier, la salle des boiseries, les corniches et décors sculptés, la cour d’honneur ainsi que la terrasse ont bénéficié d’un programme de restauration porté par Stéphane Thouin, architecte en chef des monuments historiques. Les jardins ont été confiés au paysagiste Eric Dhont.

Bon week-end !

Retour sur le colloque « Picasso céramiste ? »

Le 17 septembre 2014, catégorie : Comprendre la peinture, Sculpture.

Pablo Picasso : Cabri couché, 1947. Vase zoomorphe en terre de faïence blanche. Musée Picasso Antibes

Pablo Picasso : Cabri couché, 1947. Vase zoomorphe en terre de faïence blanche. Musée Picasso Antibes

Le 24 mars dernier à Sèvres, Cité de la céramique, Léopold L. Foulem, céramiste, spécialiste de la céramique de Picasso, est revenu sur l’apport considérable de l’artiste au domaine céramique. « La position conceptuelle de Picasso est radicale, carrément révolutionnaire, comparable à l’innovation picturale de Kandinsky […]. Avec Picasso, l’objet devient sujet et celui-ci devient une image tout comme les autres images, mais d’elles-mêmes dans ce cas-ci. » Léopold L. Foulem s’est ensuite concentré sur le concept de volumétrie : « la volumétrie est également l’essence du cubisme. Dans le cubisme, les volumes sont déconstruits en plans qui sont subséquemment reconstitués en images bidimensionnelles. En ce qui concerne les céramiques, le processus de déconstruction de l’image est différent, puisque le point de départ et la finalité sont tous les deux volumétriques. » Pour le céramiste, voilà qui fonde l’originalité de l’artiste. « La démarche artistique de Picasso réside rarement dans la création de formes de poteries excentriques. Des assemblages, certes, mais de volumes tournés qu’il transforme. Il opte pour des spécimens stéréotypés, en atteste leur spécificité céramique qu’il confirme ou modifie en employant diverses stratégies conceptuelles tout en respectant le genre. Son génie siège dans sa manière unique d’intervenir. Il transforme le récipient en image en respectant la forme sur laquelle il passe aux actes. Il ne la détruit pas mais l’investit d’une réalité inédite.»

Retrouver l’intégralité de l’intervention

Sous Les toits de Barcelone, un couple nu

Le 11 septembre 2014, catégorie : Comprendre la peinture.

Pablo Picasso : Les toits de Barcelone

Pablo Picasso : Les toits de Barcelone

Pour « Les toits de Barcelone », Picasso conçut les bâtiments comme de grands volumes rectilignes profilés en bleu. Ces grands aplats de couleur lui servirent probablement à couvrir l’image antérieure. Il appliqua néanmoins le pigment en couche fine, sans éliminer la trace des coups de pinceau précédents ni recouvrir totalement les couches sous-jacentes qui émergent partiellement. Pour créer la perspective, il appliqua une fine couche de peinture de couleur gris terreux.

L’étude de la surface avec différents types de lumière met en évidence des indices caractéristiques d’une toile réutilisée. Un examen radiographique confirma l’existence d’une peinture sous-jacente. En tournant la toile à 90º, la plaque radiographique révéla une composition en phase de réalisation avancée qui représente un couple nu. Grâce à la réflectographie infrarouge, il fut possible de découvrir certaines phases de l’exécution qui permirent de définir avec plus de précision les lignes initiales du dessin et de détecter de légères modifications dans la composition.

Le couple occupe amplement la surface de la toile, sans aucune référence spatiale apparente, comme dans d’autres œuvres de la même période. La figure masculine a un physique robuste, barbu et de petite taille. Il a les bras levés dans une attitude d’exclamation et il regarde de face, avec des yeux profonds et très ouverts. La femme est brune avec des cheveux très longs et des seins proéminents. Ses mains ouvertes sont tournées vers le sol et son bras gauche cache stratégiquement le sexe de l’homme. Elle a les yeux fermés et incline légèrement la tête vers son compagnon.

L’observation des interfaces des coupes stratigraphiques nous permet de conclure que lorsque Picasso réalisa « Les toits de Barcelone », la couche sous-jacente était déjà totalement sèche. Pour la préparation des stratigraphies, quatre micro-échantillons furent prélevés en profitant des fissures de la couche picturale. Les deux caractéristiques qui ressortent de l’analyse de ces échantillons sont des stratigraphies très complexes et colorées dans les couches internes, résultat d’une peinture élaborée en différentes phases et avec des variations chromatiques notables. Ceci contraste avec le résultat final visible, une scène où domine le bleu, complétée avec des touches terreuses, et confirme que Picasso transforma sa palette en peu de temps.

Lire l’étude de Reyes Jiménez  

Le rôle et les missions de l’administrateur

Le 1 septembre 2014, catégorie : Non classé, Picasso Administration.

Rôles et missions de l'administrateur

Picasso Administration n’a qu’un seul parti-pris, celui de la défense de l’œuvre de Pablo Picasso. C’est une petite machine de guerre avec des professionnels de très haut niveau qui sont historiens d’art, juristes, comptables et qui sont mobilisés lorsqu’il est nécessaire de défendre et de faire progresser le droit d’auteur. Picasso Administration a été créé par Claude Picasso qui est l’administrateur judiciaire nommé par le tribunal pour exercer tous les droits attachés à Picasso pour le compte de la succession Picasso. Cette indivision est composée de 5 ayant-droits, dans l’ordre chronologique : Maya, Claude, Paloma, Marina et Bernard.

A la fin des années 20, Pablo Picasso était déjà membre d’une société d’auteur qui gérait ses droits de reproduction. Aujourd’hui ces droits ne sont qu’une partie des droits gérés, il faut aussi prendre en compte les droits de la personnalité et le droit des marques. Picasso administration gère ces grandes catégories de droits, d’une part la protection traditionnelle qui consiste en la reproduction fidèle de l’œuvre sur papier, d’autre part le merchandising qui aboutit à des produits valorisés – mugs, montres, t-shirts… – parce qu’ils contiennent une œuvre de Picasso, ou simplement son nom ou son visage. C’est l’éclosion du merchandising de produits, qui inclut la reproduction des œuvres mais aussi du nom sur des objets très divers, qui a amené à la création de Picasso Administration car ces nouveaux usages ne pouvaient être gérés comme les reproductions courantes. Il a fallu, par exemple, déposer des marques dans toutes les catégories où les gens voulaient s’exprimer commercialement.

L’évolution du droit d’auteurs est le reflet de l’évolution de la société. La Succession Picasso est obligée de regarder autour d’elle, pour Picasso mais aussi pour participer à l’avancement du droit d’auteur des artistes en général. Dans ce domaine, Picasso administration compte parce que le nom de Picasso permet de peser sur les débats mais aussi parce que Picasso Administration est souvent en avance sur ces questions.

Sur Internet notamment, l’œuvre de Picasso doit continuer à être respectée au moment où on la reproduit. Il y a des utilisations qui ne sont pas admissibles, par exemple quand, au prétexte d’une boutade, on s’empare d’œuvres en en changeant les couleurs… Le site de Picasso Administration est là pour expliquer aux gens qui ont des projets autour de Picasso comment se mettre en règle avec le droit d’auteur. C’est aussi un support qui favorise la connaissance de l’œuvre de Picasso en publiant et en traduisant des travaux de chercheurs. Pour chaque projet, Picasso Administration examine la conformité de l’utilisation de l’œuvre tant du point de vue du droit moral que des aspects financiers.

Voir l’interview de l’administrateur