Le Blog Atmosphérique

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Jeune peintre (14 avril 1972) au musée Picasso Paris

Le 16 décembre 2014, catégorie : Non classé.

Pablo Picasso : Jeune peintre, 1972. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Jeune peintre, 1972. Musée Picasso Paris

« J’ai de moins en moins de temps et de plus en plus à dire », voilà ce que disait Pablo Picasso dans les dernières années de sa vie. L’artiste réalise alors à grande vitesse, des œuvres qui associent une sténographique faite d’idéogrammes et de signes avec une peinture à la matérialité très affirmée.  Brossée rapidement, elle laisse apparaître les traces du pinceau, les dégoulinures, les empâtements. « Il faut savoir être vulgaire, peindre avec des gros mots » estimait alors l’artiste. A la fin de sa vie, il peignait en dessinant, il allait à l’essentiel, voulait dire plutôt que figurer. « Un point pour le sein, un trait pour le peintre, cinq tâches de couleur pour le pied, quelques traits roses et verts… ça suffit, non ? Qu’est-ce que j’ai besoin de faire plus ? Qu’est-ce que je peux ajouter à cela ? Tout est dit » expliquait-il. Le Pablo Picasso des dernières années était parvenu à une telle maîtrise qu’il pouvait se permettre de perdre le contrôle et, paradoxalement, cette « bad painting » a enfanté, comme pour ce Jeune peintre, une peinture onctueuse et  très raffinée avec des bleus, des roses et des gris d’une infinie délicatesse, évocation de l’énergie tendre de l’enfance autant que représentation fantomatique signée d’un homme que quelques mois seulement séparent de la mort. Dans les derniers moments de sa vie, Pablo Picasso est habité d’un enthousiasme extraordinaire, vivant jusqu’au bout, créateur jusqu’au bout, et peut-être même au-delà : « Qu’est-ce que fera la peinture quand je ne serai plus là, il faudra bien qu’elle me passe sur le corps ! Elle ne pourra pas passer à côté, non ? »

Le déjeuner sur l’herbe (1960) au musée Picasso Paris

Le 9 décembre 2014, catégorie : Le musée Picasso de Paris, Les oeuvres.

Pablo Picasso : Le déjeuner sur l’herbe, 1960. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Le déjeuner sur l’herbe, 1960. Musée Picasso Paris

Après avoir revisité l’Olympia, L’exécution de l’empereur Maximilien et Lola de Valence, Pablo Picasso s’attaque à une autre toile maîtresse d’Edourad Manet, Le déjeuner sur l’herbe (1862-1863). Depuis le carnet de croquis intitulé « Premiers dessins du déjeuner sur l’herbe/1954 » jusqu’à l’été 1962, Pablo Picasso produira sur ce thème une importante série de 27 peintures, de plus de 150 études et dessins, des linogravures et des maquettes de sculpture. Dans cette version réalisée entre mars et août 1960, il reprend la composition du tableau de Manet mais ne conserve qu’un seul personnage masculin. Le déjeuner sur l’herbe rassemble ici un homme et un nu féminin, ravivant ainsi un thème récurrent dans l’œuvre de Pablo Picasso, celui du peintre et de son modèle.
En Edouard Manet, Pablo Picasso appréciait l’admirateur de Velasquez et de l’école espagnole mais aussi le père de la modernité par qui le scandale de l’Olympia était arrivé en 1863. Comme Cézanne avant lui, qui avait déjà rendu hommage au peintre à travers un Déjeuner sur l’herbe, une Pastorale et deux versions d’Une moderne Olympia, Pablo Picasso explore sa propre créativité en revisitant l’œuvre de Manet.

Comment sont nés les Picasso d’Oslo ?

Le 5 décembre 2014, catégorie : Les oeuvres.

Pablo Picasso : La mouette, bâtiment Y, Oslo. Photo : Andreas Knispel

Pablo Picasso : La mouette, bâtiment Y, Oslo. Photo : Andreas Knispel

Carl Nesjar ne connaissait pas Pablo Picasso mais il va entrer en contact avec lui par l’intermédiaire d’amis d’amis. Ce sera le peintre et céramiste, Eugène Fidler, rencontré dans une fête, qui offrira de le lui présenter. Carl Nesjar expose d’abord à Pablo Picasso un projet d’édition porté par l’Aktuell Kunst Art Club qui vise à regrouper 250 lithographies et photographies de travaux expérimentaux d’artistes utilisant le nouveau procédé de gravure dans le béton mis au point par l’architecte Erling Viksjo. Ce procédé utilisait le béton naturel dont la gravure révélait son agrégat en formant une sorte de rivière de galets qui servait de trait aux artistes. Carl Nesjar perfectionna plus tard la technique en utilisant un jet haute-pression pour faire sauter le sable à la surface du béton.

A la grande surprise de Carl Nesjar, Pablo Picasso accepta immédiatement de contribuer au projet. « Vous auriez dû être là, la semaine dernière. Je vous attendais », lui aurait répondu l’artiste catalan qui a immédiatement compris l’intérêt de ce nouveau procédé pour la création d’œuvres dans l’espace public. A compter de ce jour et pendant les 17 années qui vont suivre, les deux hommes ont entretenu une relation de travail suivie.

Pour les bâtiments H et Y, Pablo Picasso a donné quatre dessins à Carl Nesjar, parmi eux trois créations originales : « Le pêcheur », « La mouette », « La plage ». Le choix des sujets fait écho à la vie quotidienne des norvégiens. Pablo Picasso était particulièrement heureux de la position centrale de son pêcheur sur le mur extérieur du bâtiment Y.

Pablo Picasso a trouvé en Carl Nesjar un collaborateur honnête auquel il a accordé une grande confiance puisqu’il ne voyait pas les œuvres exécutées à partir de ses dessins. Carl Nesjar lui envoyait des lettres, des comptes-rendus, des photos et des photomontages que Pablo Picasso signait pour  valider son accord. 34 œuvres sont nées de la collaboration entre Pablo Picasso et Carl Nesjar, toutes sont encore installées aujourd’hui mais, les attentats survenus à Oslo à l’été 2011 jettent le flou sur l’avenir des pièces attachées aux bâtiments H et Y 

Massacre en Corée (1951) au musée Picasso Paris

Le 3 décembre 2014, catégorie : Le musée Picasso de Paris.

Pablo Picasso : Massacre en Corée, 1951. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Massacre en Corée, 1951. Musée Picasso Paris

« Non la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. » Dès 1914, la guerre figure en arrière fond de l’œuvre de Pablo Picasso et perdure jusqu’en 1963 au moment de la crise de Cuba avec la réalisation de « L’enlèvement des Sabines ». Pablo Picasso considérait que l’ensemble de sa peinture était en guerre.
A la fin de la seconde guerre mondiale, Pablo Picasso entre au parti communiste, un engagement qu’il considère comme la suite logique de son œuvre. Massacre en Corée tout comme La Guerre et La Paix réalisés en 1952 pour la chapelle de Vallauris sont d’inspiration populaire, peints dans un style figuratif très stylisé. Réalisé six mois après le début de la guerre de Corée, ce massacre imminent de femmes et d’enfants par des soldats lourdement armés et casqués renvoie aussi au Tres de Mayo de Francisco de Goya et à L’Exécution de Maximilien par Manet.