Le Blog Atmosphérique

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Le satyre et le faune, d’Antibes à Oslo

Le 18 décembre 2014, catégorie : Les oeuvres.

Pablo Picasso, Satyre et faune, 1958, bâtiment H, Oslo. Photo : Siri Wolland

Pablo Picasso, Satyre et faune, 1958, bâtiment H, Oslo. Photo : Siri Wolland

Cette œuvre située au 11e étage du bâtiment H à Oslo, dont l’avenir est aujourd’hui incertain, est née de la proposition faite par Carl Nesjar à Pablo Picasso de reproduire dans le béton son triptyque « Satyre, faune et centaure avec trident », réalisé en 1946 au château Grimaldi. L’œuvre réalisée en 1946 était alors l’un des plus grands formats réalisés par Pablo Picasso, elle était à la bonne échelle pour le projet du bâtiment H à Oslo, de plus son inscription dans l’architecture correspondait à la première impulsion de Pablo Picasso.

Pablo Picasso avait pris l’habitude d’intervenir directement sur les murs des ateliers et des lieux où il vivait. Mais, en 1946, lorsqu’à l’invitation de Dor de la Souchère, il installe son atelier au château Grimaldi à Antibes, la destination du bâtiment qui est aussi un musée ouvert au public limite son intervention au dessin de trois têtes en bas du mur Est. Pablo Picasso concrétise malgré tout son projet pour le château à l’aide de trois grandes plaques en fibrociment réunies pour former une composition de 360 x 250 cm, un format qui excédait largement les dimensions de ses peintures sur toile. Pablo Picasso y dessina au charbon de bois un centaure à droite, une chèvre à tête de faune au centre et un satyre jouant de la flûte à gauche. En 1958, en gravant le dessin dans le béton naturel pour le bâtiment H à Oslo, Carl Nesjar fit précisément ce que Pablo Picasso avait rêvé de faire au château Grimaldi même si, finalement, l’œuvre dût être adaptée au format du mur et le centaure supprimé de la composition.

Jeune peintre (14 avril 1972) au musée Picasso Paris

Le 16 décembre 2014, catégorie : Non classé.

Pablo Picasso : Jeune peintre, 1972. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Jeune peintre, 1972. Musée Picasso Paris

« J’ai de moins en moins de temps et de plus en plus à dire », voilà ce que disait Pablo Picasso dans les dernières années de sa vie. L’artiste réalise alors à grande vitesse, des œuvres qui associent une sténographique faite d’idéogrammes et de signes avec une peinture à la matérialité très affirmée.  Brossée rapidement, elle laisse apparaître les traces du pinceau, les dégoulinures, les empâtements. « Il faut savoir être vulgaire, peindre avec des gros mots » estimait alors l’artiste. A la fin de sa vie, il peignait en dessinant, il allait à l’essentiel, voulait dire plutôt que figurer. « Un point pour le sein, un trait pour le peintre, cinq tâches de couleur pour le pied, quelques traits roses et verts… ça suffit, non ? Qu’est-ce que j’ai besoin de faire plus ? Qu’est-ce que je peux ajouter à cela ? Tout est dit » expliquait-il. Le Pablo Picasso des dernières années était parvenu à une telle maîtrise qu’il pouvait se permettre de perdre le contrôle et, paradoxalement, cette « bad painting » a enfanté, comme pour ce Jeune peintre, une peinture onctueuse et  très raffinée avec des bleus, des roses et des gris d’une infinie délicatesse, évocation de l’énergie tendre de l’enfance autant que représentation fantomatique signée d’un homme que quelques mois seulement séparent de la mort. Dans les derniers moments de sa vie, Pablo Picasso est habité d’un enthousiasme extraordinaire, vivant jusqu’au bout, créateur jusqu’au bout, et peut-être même au-delà : « Qu’est-ce que fera la peinture quand je ne serai plus là, il faudra bien qu’elle me passe sur le corps ! Elle ne pourra pas passer à côté, non ? »

Le déjeuner sur l’herbe (1960) au musée Picasso Paris

Le 9 décembre 2014, catégorie : Le musée Picasso de Paris, Les oeuvres.

Pablo Picasso : Le déjeuner sur l’herbe, 1960. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Le déjeuner sur l’herbe, 1960. Musée Picasso Paris

Après avoir revisité l’Olympia, L’exécution de l’empereur Maximilien et Lola de Valence, Pablo Picasso s’attaque à une autre toile maîtresse d’Edourad Manet, Le déjeuner sur l’herbe (1862-1863). Depuis le carnet de croquis intitulé « Premiers dessins du déjeuner sur l’herbe/1954 » jusqu’à l’été 1962, Pablo Picasso produira sur ce thème une importante série de 27 peintures, de plus de 150 études et dessins, des linogravures et des maquettes de sculpture. Dans cette version réalisée entre mars et août 1960, il reprend la composition du tableau de Manet mais ne conserve qu’un seul personnage masculin. Le déjeuner sur l’herbe rassemble ici un homme et un nu féminin, ravivant ainsi un thème récurrent dans l’œuvre de Pablo Picasso, celui du peintre et de son modèle.
En Edouard Manet, Pablo Picasso appréciait l’admirateur de Velasquez et de l’école espagnole mais aussi le père de la modernité par qui le scandale de l’Olympia était arrivé en 1863. Comme Cézanne avant lui, qui avait déjà rendu hommage au peintre à travers un Déjeuner sur l’herbe, une Pastorale et deux versions d’Une moderne Olympia, Pablo Picasso explore sa propre créativité en revisitant l’œuvre de Manet.

Comment sont nés les Picasso d’Oslo ?

Le 5 décembre 2014, catégorie : Les oeuvres.

Pablo Picasso : La mouette, bâtiment Y, Oslo. Photo : Andreas Knispel

Pablo Picasso : La mouette, bâtiment Y, Oslo. Photo : Andreas Knispel

Carl Nesjar ne connaissait pas Pablo Picasso mais il va entrer en contact avec lui par l’intermédiaire d’amis d’amis. Ce sera le peintre et céramiste, Eugène Fidler, rencontré dans une fête, qui offrira de le lui présenter. Carl Nesjar expose d’abord à Pablo Picasso un projet d’édition porté par l’Aktuell Kunst Art Club qui vise à regrouper 250 lithographies et photographies de travaux expérimentaux d’artistes utilisant le nouveau procédé de gravure dans le béton mis au point par l’architecte Erling Viksjo. Ce procédé utilisait le béton naturel dont la gravure révélait son agrégat en formant une sorte de rivière de galets qui servait de trait aux artistes. Carl Nesjar perfectionna plus tard la technique en utilisant un jet haute-pression pour faire sauter le sable à la surface du béton.

A la grande surprise de Carl Nesjar, Pablo Picasso accepta immédiatement de contribuer au projet. « Vous auriez dû être là, la semaine dernière. Je vous attendais », lui aurait répondu l’artiste catalan qui a immédiatement compris l’intérêt de ce nouveau procédé pour la création d’œuvres dans l’espace public. A compter de ce jour et pendant les 17 années qui vont suivre, les deux hommes ont entretenu une relation de travail suivie.

Pour les bâtiments H et Y, Pablo Picasso a donné quatre dessins à Carl Nesjar, parmi eux trois créations originales : « Le pêcheur », « La mouette », « La plage ». Le choix des sujets fait écho à la vie quotidienne des norvégiens. Pablo Picasso était particulièrement heureux de la position centrale de son pêcheur sur le mur extérieur du bâtiment Y.

Pablo Picasso a trouvé en Carl Nesjar un collaborateur honnête auquel il a accordé une grande confiance puisqu’il ne voyait pas les œuvres exécutées à partir de ses dessins. Carl Nesjar lui envoyait des lettres, des comptes-rendus, des photos et des photomontages que Pablo Picasso signait pour  valider son accord. 34 œuvres sont nées de la collaboration entre Pablo Picasso et Carl Nesjar, toutes sont encore installées aujourd’hui mais, les attentats survenus à Oslo à l’été 2011 jettent le flou sur l’avenir des pièces attachées aux bâtiments H et Y