Le Blog Atmosphérique

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Revoir Picasso, bientôt un colloque international à Paris !

Le 19 décembre 2014, catégorie : Comprendre la peinture.

colloque-internationalDépositaire de la collection des « Picasso de Picasso » mais aussi de la collection particulière de l’artiste, qui regroupe nombre de figures majeures de l’histoire de l’art, ainsi que d’une très riche  documentation, le musée Picasso Paris couvre non l’ensemble de l’œuvre mais aussi tous les aspects de la vie de Pablo Picasso.  Il sera donc en mars prochain, le cadre idéal d’un colloque dont l’ambition est de régénérer le regard critique sur l’œuvre et la vie de cet artiste devenu un mythe.

Le colloque s’organisera autour de quatre thèmes. Le premier, sur Picasso comme figure du XXe siècle, vise à repenser la place de Picasso dans l’histoire de l’art. Le second, sur les processus créatifs de l’artiste, veut tirer parti des découvertes issues des travaux de restauration et conservation préventive qui ont mis un peu plus en lumière l’usage insolite que l’artiste faisait des matériaux. Le troisième, sur la postérité de Picasso, entend mettre à mal l’idée de Picasso comme figure isolée résumant l’art de son passé et de son présent, en démontrant que l’œuvre de Pablo Picasso inspire aussi les artistes contemporains. Le quatrième, Picasso et ses publics, explorera la réception de l’œuvre de Picasso et les chantiers à mettre en œuvre pour la favoriser. Une feuille de route pleine de promesse !

Le satyre et le faune, d’Antibes à Oslo

Le 18 décembre 2014, catégorie : Les oeuvres.

Pablo Picasso, Satyre et faune, 1958, bâtiment H, Oslo. Photo : Siri Wolland

Pablo Picasso, Satyre et faune, 1958, bâtiment H, Oslo. Photo : Siri Wolland

Cette œuvre située au 11e étage du bâtiment H à Oslo, dont l’avenir est aujourd’hui incertain, est née de la proposition faite par Carl Nesjar à Pablo Picasso de reproduire dans le béton son triptyque « Satyre, faune et centaure avec trident », réalisé en 1946 au château Grimaldi. L’œuvre réalisée en 1946 était alors l’un des plus grands formats réalisés par Pablo Picasso, elle était à la bonne échelle pour le projet du bâtiment H à Oslo, de plus son inscription dans l’architecture correspondait à la première impulsion de Pablo Picasso.

Pablo Picasso avait pris l’habitude d’intervenir directement sur les murs des ateliers et des lieux où il vivait. Mais, en 1946, lorsqu’à l’invitation de Dor de la Souchère, il installe son atelier au château Grimaldi à Antibes, la destination du bâtiment qui est aussi un musée ouvert au public limite son intervention au dessin de trois têtes en bas du mur Est. Pablo Picasso concrétise malgré tout son projet pour le château à l’aide de trois grandes plaques en fibrociment réunies pour former une composition de 360 x 250 cm, un format qui excédait largement les dimensions de ses peintures sur toile. Pablo Picasso y dessina au charbon de bois un centaure à droite, une chèvre à tête de faune au centre et un satyre jouant de la flûte à gauche. En 1958, en gravant le dessin dans le béton naturel pour le bâtiment H à Oslo, Carl Nesjar fit précisément ce que Pablo Picasso avait rêvé de faire au château Grimaldi même si, finalement, l’œuvre dût être adaptée au format du mur et le centaure supprimé de la composition.

Jeune peintre (14 avril 1972) au musée Picasso Paris

Le 16 décembre 2014, catégorie : Non classé.

Pablo Picasso : Jeune peintre, 1972. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Jeune peintre, 1972. Musée Picasso Paris

« J’ai de moins en moins de temps et de plus en plus à dire », voilà ce que disait Pablo Picasso dans les dernières années de sa vie. L’artiste réalise alors à grande vitesse, des œuvres qui associent une sténographique faite d’idéogrammes et de signes avec une peinture à la matérialité très affirmée.  Brossée rapidement, elle laisse apparaître les traces du pinceau, les dégoulinures, les empâtements. « Il faut savoir être vulgaire, peindre avec des gros mots » estimait alors l’artiste. A la fin de sa vie, il peignait en dessinant, il allait à l’essentiel, voulait dire plutôt que figurer. « Un point pour le sein, un trait pour le peintre, cinq tâches de couleur pour le pied, quelques traits roses et verts… ça suffit, non ? Qu’est-ce que j’ai besoin de faire plus ? Qu’est-ce que je peux ajouter à cela ? Tout est dit » expliquait-il. Le Pablo Picasso des dernières années était parvenu à une telle maîtrise qu’il pouvait se permettre de perdre le contrôle et, paradoxalement, cette « bad painting » a enfanté, comme pour ce Jeune peintre, une peinture onctueuse et  très raffinée avec des bleus, des roses et des gris d’une infinie délicatesse, évocation de l’énergie tendre de l’enfance autant que représentation fantomatique signée d’un homme que quelques mois seulement séparent de la mort. Dans les derniers moments de sa vie, Pablo Picasso est habité d’un enthousiasme extraordinaire, vivant jusqu’au bout, créateur jusqu’au bout, et peut-être même au-delà : « Qu’est-ce que fera la peinture quand je ne serai plus là, il faudra bien qu’elle me passe sur le corps ! Elle ne pourra pas passer à côté, non ? »

Le déjeuner sur l’herbe (1960) au musée Picasso Paris

Le 9 décembre 2014, catégorie : Le musée Picasso de Paris, Les oeuvres.

Pablo Picasso : Le déjeuner sur l’herbe, 1960. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Le déjeuner sur l’herbe, 1960. Musée Picasso Paris

Après avoir revisité l’Olympia, L’exécution de l’empereur Maximilien et Lola de Valence, Pablo Picasso s’attaque à une autre toile maîtresse d’Edourad Manet, Le déjeuner sur l’herbe (1862-1863). Depuis le carnet de croquis intitulé « Premiers dessins du déjeuner sur l’herbe/1954 » jusqu’à l’été 1962, Pablo Picasso produira sur ce thème une importante série de 27 peintures, de plus de 150 études et dessins, des linogravures et des maquettes de sculpture. Dans cette version réalisée entre mars et août 1960, il reprend la composition du tableau de Manet mais ne conserve qu’un seul personnage masculin. Le déjeuner sur l’herbe rassemble ici un homme et un nu féminin, ravivant ainsi un thème récurrent dans l’œuvre de Pablo Picasso, celui du peintre et de son modèle.
En Edouard Manet, Pablo Picasso appréciait l’admirateur de Velasquez et de l’école espagnole mais aussi le père de la modernité par qui le scandale de l’Olympia était arrivé en 1863. Comme Cézanne avant lui, qui avait déjà rendu hommage au peintre à travers un Déjeuner sur l’herbe, une Pastorale et deux versions d’Une moderne Olympia, Pablo Picasso explore sa propre créativité en revisitant l’œuvre de Manet.