avril 2010 - Le Blog Atmosphérique
Picasso Administration

Picasso en Grèce / Galerie Gagosian

On peut découvrir en ce moment à Athènes à la galerie Gagosian et jusqu'au 1e mai une exposition très intéressante sur la linogravure : "Experiments in Linogravure".
En 1948, Picasso rencontre Hidalgo Arnera, imprimeur à Vallauris et expert en linogravure. L’artiste connaît déjà cette technique avec laquelle il a réalisé " Tête de femme " en 1939, un essai sans lendemain. Ce n’est qu’en 1954 que Picasso décide de s’y remettre. Commence alors une aventure qui va durer près de 10 ans et voir naître environ 200 linogravures.
À cette époque, Picasso est déjà un maître en gravure. Assimilant rapidement les méthodes traditionnelles, il va les dépasser, inventant sans cesse de nouveaux procédés, poussant Arnera à se surpasser, jusqu’à s’arrêter définitivement jugeant sans doute avoir fait le tour de la question. La linogravure tire son nom de la matière utilisée : le linoléum, identique mais plus épais que celui de nos salles de bain ou cuisines. Pour le travailler plus facilement, le linoléum est fixé sur une plaque de bois, que l’on appelle " plateau ". La technique est la même que la gravure sur bois : on dessine le sujet en enlevant de la matière (en creusant dans le lino), seules les lignes et surfaces restées en relief seront imprimées. Picasso utilise la gouge, outil classique, qu’il combine avec le canif (pour obtenir des traits plus fins) et le grattoir pour le modelé. Il grave un plateau nouveau pour chaque couleur. On imprime successivement chaque plateau sur une même feuille pour obtenir le dessin final. On passe habituellement les couleurs claires d’abord jusqu’aux plus foncées. Picasso inverse parfois ce processus obtenant ainsi des couleurs plus vibrantes et moins uniformes (le gris est ainsi la superposition du blanc sur le noir).
Durant ces 10 ans, on distingue 3 périodes de travail : - 1954 : Picasso pratique la linogravure de manière traditionnelle, une couleur par plateau. Préférant souvent le bicolore, Picasso utilisera jusqu’à 5 plateaux: Picasso met au point un nouveau procédé : un seul plateau pour toutes les couleurs. Il grave progressivement toute la composition sur un plateau unique, en imprimant chaque couleur après chaque modification ; ce procédé est irréversible, le linoléum disparaissant au fur et à mesure des modifications. Il oblige par ailleurs Arnéra à modifier la chimie de ses encres afin qu’elles se superposent sans trop se mélanger…

Bacchanale avec chevreau et spectateur, 27 novembre 1959 Linogravure. Gravure à la gouge en 5 couleurs et 6 passages sur 3 linoléums

Galerie GAGOSIAN
3 Merlin Street
Athens 10671

Musée des Beaux-arts de Pau

Les expositions sur Picasso sont rares cette année en France, il faudra aller à Pau pour voir une exposition sur le monde de la corrida. Le musée des Beaux-Arts présente jusqu'au 17 mai une sélection d'estampes appartenant la Fondation Picasso Casa Natal de Malaga.
On peut ainsi voir la série des 11 états du Taureau où Picasso nous permet de découvrir le fil de sa pensée en découpant en 11 épisodes la génèse de la création d'un taureau: d'un dessin naturaliste à une ligne essentielle qui réduit le puissant taureau à un pictogramme à la manière d'un idéogramme chinois .

Découvrez Picasso et les taureaux au Musée des Beaux-arts de Pau sur Culturebox !

Revue de mode 2

Quelques années auparavant , Picasso s'était déjà emparé des photos de mode du magazine VOGUE.Anne Baldassarri nous apprend dans l'ouvrage "Picasso et la photographie , à plus grande vitesse que les images" ( RMN 1999) que ce numéro du magazine daté de mai 1951 avait consacré un article à la sortie du film " Visite à Picasso" de Paul Haesaerts. Picasso a surchargé une trentaine de photos de graffitis à caractère humoristique et grivois. Les mannequins posant dans de fraiches tenus de printemps ou bien en virginales robes de mariée semblent avoir particulièrement éveillé son intérêt.

Vogue, mai 1951 dessin à l 'encre noire et au roseau ( Musée Picasso Paris)