Le Blog Atmosphérique

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Le rôle et les missions de l’administrateur

Le 1 septembre 2014, catégorie : Non classé.

Rôles et missions de l'administrateur

Picasso Administration n’a qu’un seul parti-pris, celui de la défense de l’œuvre de Pablo Picasso. C’est une petite machine de guerre avec des professionnels de très haut niveau qui sont historiens d’art, juristes, comptables et qui sont mobilisés lorsqu’il est nécessaire de défendre et de faire progresser le droit d’auteur. Picasso Administration a été créé par Claude Picasso qui est l’administrateur judiciaire nommé par le tribunal pour exercer tous les droits attachés à Picasso pour le compte de la succession Picasso. Cette indivision est composée de 5 ayant-droits, dans l’ordre chronologique : Maya, Claude, Paloma, Marina et Bernard.

A la fin des années 20, Pablo Picasso était déjà membre d’une société d’auteur qui gérait ses droits de reproduction. Aujourd’hui ces droits ne sont qu’une partie des droits gérés, il faut aussi prendre en compte les droits de la personnalité et le droit des marques. Picasso administration gère ces grandes catégories de droits, d’une part la protection traditionnelle qui consiste en la reproduction fidèle de l’œuvre sur papier, d’autre part le merchandising qui aboutit à des produits valorisés – mugs, montres, t-shirts… – parce qu’ils contiennent une œuvre de Picasso, ou simplement son nom ou son visage. C’est l’éclosion du merchandising de produits, qui inclut la reproduction des œuvres mais aussi du nom sur des objets très divers, qui a amené à la création de Picasso Administration car ces nouveaux usages ne pouvaient être gérés comme les reproductions courantes. Il a fallu, par exemple, déposer des marques dans toutes les catégories où les gens voulaient s’exprimer commercialement.

L’évolution du droit d’auteurs est le reflet de l’évolution de la société. La Succession Picasso est obligée de regarder autour d’elle, pour Picasso mais aussi pour participer à l’avancement du droit d’auteur des artistes en général. Dans ce domaine, Picasso administration compte parce que le nom de Picasso permet de peser sur les débats mais aussi parce que Picasso Administration est souvent en avance sur ces questions.

Sur Internet notamment, l’œuvre de Picasso doit continuer à être respectée au moment où on la reproduit. Il y a des utilisations qui ne sont pas admissibles, par exemple quand, au prétexte d’une boutade, on s’empare d’œuvres en en changeant les couleurs… Le site de Picasso Administration est là pour expliquer aux gens qui ont des projets autour de Picasso comment se mettre en règle avec le droit d’auteur. C’est aussi un support qui favorise la connaissance de l’œuvre de Picasso en publiant et en traduisant des travaux de chercheurs. Pour chaque projet, Picasso Administration examine la conformité de l’utilisation de l’œuvre tant du point de vue du droit moral que des aspects financiers.

Voir l’interview de l’administrateur 

Retour sur le colloque « Picasso céramiste ? »

Le 26 août 2014, catégorie : Comprendre la peinture.

Pablo Picasso : Faunesse, 1948. Vase zoomorphe en terre cuite blanche. Collection particulière

Pablo Picasso : Faunesse, 1948. Vase zoomorphe en terre cuite blanche. Collection particulière

Bruno Gaudichon est conservateur en chef du patrimoine au musée de La Piscine Roubaix et co-commissaire de l’exposition « Picasso céramiste et la Méditerranée ». Le 24 mars dernier à Sèvres, Cité de la céramique, il est revenu sur le rapport singulier de Pablo Picasso avec les arts appliqués. « Pablo Picasso intervient sur les formes et les fonctions de l’objet avec une liberté toute nouvelle qui d’emblée le situe à part, a-t-il commencé. […] Sont alors réunis des gestes et des conventions qui tiennent de la gravure, de la sculpture et du modelage. Ces allers et retours iconoclastes donnent à l’expérience de la terre le rôle de stimulateur par une approche totalement décloisonnée de la création plastique. »
A travers la céramique, Pablo Picasso entend en effet s’affirmer comme un créateur provocateur a continué Bruno Gaudichon, s’appuyant sur les propos du journaliste et écrivain Pierre Daix : « J’avais l’impression que le travail de la céramique le passionnait parce qu’il le contraignait à imaginer plus totalement le résultat final, peindre en somme à l’aveugle […] Avec cet enjeu exaltant que, lorsqu’il voyait enfin le résultat, celui était réalisé hors de son contrôle et inratable. Et ces risques ne pouvaient manquer de le provoquer à une tension créatrice encore plus exigeante. » Comme d’autres intervenants du colloque, Bruno Gaudichon a insisté sur l’ambigüité construite par l’artiste qui « entretient toujours le doute et bouge les lignes traditionnelles de la hiérarchie des genres. Picasso se joue magnifiquement des codes pour étonner et bousculer, pour construire en fait un regard neuf sur ces questions que la tradition française aborde toujours avec difficulté. »
Ainsi, « les tomettes ne sont pas décorées par Picasso pour construire un décor de sol mais pour être transformées en véritables sculptures, notamment parce qu’il intervient sur le recto et le verso. », tandis que « la faunesse montre bien comment Pablo Picasso joue et se joue de ces références et de cette ambiguïté. L’anse circulaire maintenue sur le dos du personnage évoque évidemment un élément de céramique d’usage, le pichet, dont l’architecture n’est pas si éloignée de la construction générale de l’œuvre. Mais ici l’usage est précisément impossible puisque la pièce n’a pas d’ouverture et donc pas d’orifice verseur. » Retrouver l’intégralité de l’intervention 

Picasso et Céret

Le 21 août 2014, catégorie : Les expositions.

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A Céret, Picasso rejoint son ami Franck Haviland. Il s’installe à l’été 1911, d’abord à l’hôtel, puis à l’étage de la maison Delcros avec Fernande et Braque. Voici la maison Delcros cet été, on peut encore y louer des chambres.

On se souvient que Picasso avait fait une donation à la ville en 1953 des 29 coupelles tauromachiques qui font partie de la collection du musée d’art moderne , la 30e coupelle vient de rejoindre ses compagnes et on peut l’admirer dans le cadre de l’exposition Le peintre et l’arène, Art et tauromachie, de Goya à Barceló jusqu’au 12 octobre 2014. 

1901-1904, la métamorphose du processus pictural

Le 20 août 2014, catégorie : Comprendre la peinture.

Pablo Picasso : Nu féminin. Museo Picasso Barcelona

Pablo Picasso : Nu féminin. Museo Picasso Barcelona

En octobre 1900 Pablo Picasso visita pour la première fois la capitale française à l’occasion de l’exposition universelle de Paris où il présenta « Derniers instants », une peinture religieuse sur un thème mortuaire très liée à l’esthétique moderniste. Quel regard Picasso a-t-il jeté sur « Derniers instants » après la découverte de Paris ? Si nous connaissions la réponse, nous pourrions peut-être découvrir la raison pour laquelle il la recouvrit par la suite et réutilisa la toile pour la composition de « La Vie », au lieu de la garder dans sa collection personnelle comme il le fit avec de nombreuses autres toiles. La ville lui offrait la possibilité d’être pleinement contemporain.

Pendant sa deuxième visite, fin mai 1901, l’artiste affronta un nouveau défi, sans doute stimulé par l’exposition à la galerie Vollard, inaugurée le 24 juin 1901. Pour tenir son engagement, Picasso dut réaliser soixante-quatre peintures en à peine deux mois. Sa virtuosité technique lui permit d‘y parvenir en choisissant soigneusement les matériaux : économiques, faciles à transporter et surtout, au séchage rapide. C’est pour cette raison que le carton commercial sans aucune préparation fut son support principal. De plus, la tonalité chaude du carton, lui donnait une nuance de base ou demi-teinte avec laquelle il pouvait économiser de la peinture et du temps. Parmi les œuvres invendues, beaucoup furent recouvertes par des peintures postérieures. Or, la symphonie chromatique avec laquelle Picasso composa sa palette allait être éphémère. À peine terminé l’été de 1901, il commença une production de caractère intimiste caractérisée par la monochromie bleue.

La transformation ne fut pas immédiate. Des peintures telles que « La femme à la coiffe » correspondent à une palette toujours très colorée, en dépit d’une présence significative du bleu, surtout dans le trait qui entoure le visage. Le changement fut progressif comme le démontrent les nombreuses œuvres sous-jacentes découvertes, élaborées avec des couleurs vives, tentatives dans lesquelles Picasso cherchait à renforcer la ligne et les volumes en ajoutant une patine de transparences bleues à ses scènes. Picasso remplaça parfois les fonds lumineux blancs ou clairs par du papier vernis bleu et même par des papiers teints. La figure humaine acquiert une importance notable avec la présence récurrente de couples et de figures isolées, dépouillés de tout artifice. Dans ce voyage d’introspection dans la figure humaine, avec le dessin comme exercice de réflexion, Picasso réalisa quelques grandes compositions chargées de symbolisme. Ce périple se conclut avec la grande composition de cette période, « La Vie ». >> Lire l’étude de Reyes Jiménez