Le Blog Atmosphérique

Blog Atmosphérique

Etudes (1920-1922) au musée Picasso Paris

Le 27 octobre 2014, catégorie : Non classé.

Pablo Picasso : Etudes, 1920-1922. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Etudes, 1920-1922. Musée Picasso Paris

Etudes regroupe plusieurs œuvres, toutes représentées sur le même plan. Certaines sont des natures mortes encadrées comme pour signifier des œuvres finalisées. D’autres sont des toiles non encore tendues sur châssis aux sujets d’inspiration néoclassique, sans doute des peintures récentes. Pablo Picasso réalise cette peinture sur une copie de La résurrection de Lazare de Rembrandt, copie dont on ne sait si elle a été peinte par l’artiste lui-même, mais dans la présence de laquelle il faut peut-être voir un symbole de son état d’esprit. Car ce rassemblement d’œuvres, à priori sans logique, pourrait exprimer un bilan fait par l’artiste qui peint alors ses premières toiles néoclassiques, sans pour autant abandonner ses recherches cubistes qui perdurent jusqu’en 1925 et même au-delà.

Rendez-vous aussi sur Arte !

Le 24 octobre 2014, catégorie : Non classé.

fb-picasso-generique-2

Dès 15h30, « Picasso et les photographes » réalisé par Mathilde Deschamps-Lotthe revient sur les nombreux liens tissés par Pablo Picasso avec les photographes et la photographie. A 16h, le documentaire d’Augustin Viatte raconte les étapes de la métamorphose du musée Picasso Paris, de 2009 à la réouverture aujourd’hui. A 17h25, le documentaire de Laurence Thiriat dévoile les engagements politiques de l’artiste qui se sont exprimés dans sa peinture aussi bien que dans sa vie. Enfin, à 20h45, le film réalisé par Hugues Nancy et co-écrit avec Olivier Picasso raconte la découverte qu’on fait les héritiers Picasso à la mort de l’artiste et qui a donné lieu à la dation à l’origine du musée Picasso Paris.

Nature morte à la chaise cannée (1912) au musée Picasso Paris

Le 20 octobre 2014, catégorie : Le musée Picasso de Paris.

Pablo Picasso : Nature morte à la chaise cannée, 1912. Musée Picasso Paris

Pablo Picasso : Nature morte à la chaise cannée, 1912. Musée Picasso Paris

La Nature morte à la chaise cannée est l’une des rares œuvres de Pablo Picasso restée sans prolongement direct dans l’œuvre de l’artiste, mais la technique du papier collé a ouvert la voie au dadaïsme, au surréalisme et au ready-made. L’intégration d’un morceau de toile cirée dans le cadre du tableau correspond au besoin de revenir au réel à un moment où les recherches de Pablo Picasso et de Georges Braque autour du cubisme analytique pouvaient tourner à l’hermétisme. En introduisant la toile cirée dans le tableau, l’artiste questionne l’acte de représenter. Il interroge aussi le rapport entre art et réalité, avec ambiguïté puisque la toile cirée n’est pas la chaise mais un trompe-l’œil de cannage réalisé de façon mécanique.
La nature morte est composée d’objets communs, vocabulaire habituel pour ce sujet que sont le citron, le verre, la pipe, le couteau, la coquille Saint-Jacques et puis, les lettres JOU inscrites au pochoir JOU et pouvant signifier « jouer » ou « journal ».  L’ensemble est inscrit dans une forme ovale soulignée par un faux cadre en corde qui évoque, toujours avec ambiguïté, le pourtour de la table de bistrot et qui emmène le tableau vers l’objet.

« La Vie » représente une somme de peintures

Le 16 octobre 2014, catégorie : Non classé.

Cliché réflectographie Infrarouge des « Toits de Barcelone »

Cliché réflectographie Infrarouge des « Toits de Barcelone »

Dans Les toits de Barcelone, surprennent les traits de couleurs vives qui émergent de la couche sous-jacente. Des vestiges chromatiques similaires apparaissent aussi dans certaines zones de La Vie , visibles dans la zone correspondant au tableau inférieur qui cache l’homme ailé. Dans « Les toits de Barcelone », on remarque les traces de la spatule utilisée pour retirer la couleur fraîche, processus peu habituel chez un artiste qui ne montra jamais la moindre difficulté pour tirer parti du fonds coloré de ses compositions antérieures. Ces mêmes traces, qui ont été trouvées aussi dans « La Vie » et dans d’autres œuvres contemporaines analysées, semblent montrer l’urgence de continuer le travail ou le manque de toiles propres et sèches pour peindre.

La période bleue est un moment d’introspection et de dialogue créatif pour Picasso qui généra une vaste documentation préalable, ou peut-être parallèle, au processus créatif, comparable avec celle créée par la suite dans d’autres de ses moments phares. D’autres œuvres furent ainsi le résultat d’un processus de genèse laborieux et médité, comme le Portrait de Gertrude Stein (1905-1906)  ou Les Demoiselles d’Avignon (1907). En marge des circonstances connues du manque de moyens ou d’atelier propre à Paris, la profusion de dessins sur « La Vie » montre un long processus qui souligne l’envergure du moment créatif. C’est un acte de travail persévérant qui dépasse la simple théorie de l’économie de ressources matérielles.

À côté de ces études sur papier, Picasso produisit une vaste collection de toiles inachevées habitées par divers personnages. Nous savons aujourd’hui, après analyse, qu’ils furent peints à l’origine avec des couleurs vives et contrastées et tracées avec du bleu intense. Pablo Picasso modifia les scènes par la suite, en éliminant ou en ajoutant des figures dans une monochromie bleue qu’il compléta avec des touches ponctuelles de rouge ou blanc violent, comme dans la « Maternité au bord de la mer ». Ces personnages disparaîtront de son imaginaire et son univers pictural s’éteindra peu à peu jusqu’à l’émergence de la figure du défunt Casagemas. À la différence des œuvres d’adolescence dans lesquelles Picasso utilisait les bases de couleur de ses compositions antérieures, l’artiste tire maintenant aussi parti des formes qui lui suggèrent de nouveaux motifs. Avec chaque nouvelle application de couleur, Picasso élimine seulement partiellement l’existant et tire parti des couleurs, des textures et des silhouettes de la couche ou des couches sous-jacentes. Lire l’étude de Reyes Jiménez