Le Blog Atmosphérique
Picasso Administration

Picasso and Chicago

En 1913, l'Art Institute de Chicago est devenu le premier musée d'art dans le pays pour présenter le travail d'un jeune Espagnol qui allait devenir l'artiste par excellence du 20e siècle, Pablo Picasso.
Jusqu'au 12 mai, en réunissant plus de 250 oeuvres de l'artiste provenant de collections privées de la ville, ainsi que du musée, l'Art Institute célèbre la relation spéciale qui uni Picasso et Chicago depuis un siècle. Après premieres oeuvres montrrées par Picasso dans l'Armory Show de 1913, le musée a commencé à collectionner dès les années 1920 avec deux dessins figuratifs, Étude d'un homme assis (1905) et Sketches d'une jeune femme et un homme (1904/05); En 1926, le musée a accueilli Le vieux guitariste (fin 1903-début 1904) comme un don généreux de Frederic Clay et Helen Birch Bartlett. Au fil du temps, la collection s'est élargie pour inclure des tableaux comme la mère d'inspiration classique et de l'enfant (1921) et le fauteuil rouge surréaliste (1931); sculptures emblématiques y compris le chef cubiste de femme (Fernande) (1909) et une maquette pour Picasso grand travail en trois dimensions, Monument de Richard J. Daley Plaza (1965), et des œuvres sur papier, comme une femme qui lave ses pieds (1944) et les impressions du repas frugal (1904), l'un des trois seuls exemples dans le monde de l' Période Bleue célèbre gravure en fait imprimé à l'encre bleue.

Art Institute Chicago jusqu'au 12 mai 2013
Tête de femme. Maquette pour la sculpture du Chicago Civic Center Daley Plaza

Bâle et Picasso

Cette histoire débute par une catastrophe. Le 20 avril 1967, un avion de la compagnie charter bâloise Globe Air s’écrase sur l’île de Chypre, provoquant la mort de 126 personnes et la faillite de Peter Staechelin, propriétaire de la compagnie. Pour payer ses dettes, il vend quatre œuvres d’art achetées par son père, dont un Van Gogh. La « révolution » éclate quand il annonce vouloir aussi vendre deux Picasso, Les Deux frères et Arlequin assis , que son père avait donné en prêt à long terme au Kunstmuseum. La valeur marchande des deux toiles était alors estimée à 8,4 MF (millions de francs suisses) de l’époque. Pour sauver ces deux pièces maîtresses du musée des Beaux-arts, le gouvernement cantonal vote un prêt de 6 MF et lance un appel au mécénat pour financer les 2,4 MF restant. Un comité de citoyens, mobilisé par un garagiste peu sensible à l’art moderne, lance alors un référendum, qualifiant d’« insensé » ce prêt pour des œuvres d’un peintre vivant qui incarne à leurs yeux le « déclin de l’art ».
Le premier référendum pour des œuvres d’art
C’est dans une ambiance survoltée que se déroule le 17 décembre 1967, pour la première fois en Europe, un référendum pour ou contre l’achat d’œuvres d’art. Le « oui » l’emporte avec 5 000 voix d’avance (32 118 contre 27 190). Les Bâlois ont sauvé leur deux Picasso.

Picasso, âgé de 86 ans à l’époque, fut si touché par cette marque d’amour de la population bâloise qu’il invita, dès le lendemain, le directeur du Kunstmuseum, Franz Meyer, dans sa maison à Mougins. « Picasso lui a dit de choisir une des toiles de l’année 1967 qui remplissaient son atelier », raconte Kurt Wyss, ancien photographe du journal bâlois National Zeitung , témoin de la scène. Franz Meyer a demandé au maître espagnol de poser deux toiles, Vénus et l’Amour et Le Couple, côte à côte. « Je ne sais pas laquelle des deux choisir. » Face à l’indécision du Bâlois, Jacqueline Picasso suggère à son mari : « Pourquoi pas les deux ? Ils doivent rester ensemble… » Picasso acquiesce.

Puis, dans la salle à manger où ils allèrent boire un thé, était posée en évidence contre un mur une toile " Homme, Femme et Enfant" de la période rose comme les deux tableaux sauvés par les Bâlois. Picasso rajouta cette toile, qu’il avait gardée 61 ans, au « cadeau » pour les Bâlois, ainsi qu’une grande esquisse des Demoiselles d’Avignon. Et le Kunstmuseum hérita, cette année-là, d’un cinquième Picasso, Le Poète , un portait offert par Maja Sacher, l’une des héritières du fondateur du groupe chimique Hoffmann-La Roche.

à voir jusqu'au 21 juillet au kunstmuseum de Bâle
Arlequin assis. Le peintre Jacinto Salvado, 1923

Commémoration

Le 8 avril 1973, Pablo Picasso s'éteignait à l'âge de 91 ans dans sa maison de Notre-Dame de Vie de Mougins. Un même printemps glacial accueillait son enterrement à Vauvenargues.

Beaucoup de programmes tv et de journaux vont commémorer cet anniversaire mais je vous propose plutôt de vous rendre dans les nombreuses expositions et musées qui présentent les oeuvres et renouvellent notre connaissance de l'oeuvre de cet artiste: ( voir détail sur notre site)

dès le 28 avril, Picasso Céramiste à Aubagne
le 12 juillet, Monaco accueille deux expositions
le 27 septembre, Les autoportraits au Musée Picasso d'Antibes
En ce moment en Suisse, " Les Picasso sont Là " à Bâle
et les chefs d 'oeuvre du Musée Picasso de Paris sont visibles à Zagreb jusqu'au 7 juillet .


Autoportrait photographique, 1915 ( Musée Picasso Paris )

Picasso et Pompéi

Bien avant son voyage en Italie en 1917 , Picasso avait été marqué par les peintures de Pompéi. La diffusion des images des fresques de la ville détruite en 79 après Jesus-Christ par l'éruption du volcan avaient eu un large succès grâce à l'édition de livres avec la reproduction des peintures et des mosaïques et le grand public avait été fasciné par ce drame.
Nous avons publié l'année dernière un long article qui développe ces sources dans le travail de Picasso dès l'époque rose dont ce Nu rouge est l'un des signes .lien vers l'article

Nu rouge, 1906 ( Musée de L'Orangerie Paris)
Villa des Mystères , Pompei